La prière légale

 

La prière légale

 

A. Les conditions de la prière
1. L’heure de la prière
2. La purification des souillures petites et grandes
3. La purification du corps, des vêtements et du sol
4. L’obligationde voiler les parties intimes (al-awra)
a. La ‘awra de l’homme
b. La ‘awra de la femme
5. Orientation de la Qibla
B.
Le procédé de la prière
1. La prière du çubh (le matin)
2. La prière du dhuhr (le milieu du jour) et la prière du 'açr (après-midi)
3. La prière du maghrib (le soir)
4. La prière de al-‘ishâ (la nuit)
C.
Les prescriptions (al-farâ’id)
1. L’intention (an-niyya)
2. Le takbîr (Allâhu Akbar)
3. La position debout (al-qiyyâm)
4. La lecture de l’Ouverture (al-Fâtiha)
5. L’inclinaison (ar-rukû‘) et la prosternation (as-sujûd)
6. L’acte de se redresser (al-i‘tidâl)
7. La positon assise (al-julûs)
D.
La tradition (Sunna)
1. L’acte de lever les bras
2. La pose de la main droite sur la gauche
3. L’invocation avant la lecture de la Fâtiha
4. La prédication (demande de protection : al-isti‘âdha)
5. La formule ’âmîn
6. La lecture derrière l’imâm
7. L’invocation entre les prosternations
8. La pause (jalsatul istirâha)
9. Les salutations finales (at-tashahhud)

 

La place de la prière en Islam

La prière occupe une place avec laquelle aucun autre culte ne peut rivaliser. Elle est, en effet, le pivot central de la religion, celle que Dieu, parmi toutes les autres pratiques cultuelles, institua en premier lieu. Son obligation date du voyage nocturne (mi‘râj) que le Prophète reffectua au Ciel. Anas a dit :

“Il a été ordonné au Prophète, la nuit du voyage nocturne, de s’acquitter de cinquante prières par jour. Le nombre en a été diminué jusqu’à atteindre cinq seulement. Ensuite, cet appel lui a été adressé: “Ô Muhammad, la Parole de Dieu ne variera plus. Ces cinq prières valent les cinquante prévues initialement”.

Lors du Jugement dernier, il sera d’abord demandé à l’homme des comptes sur ce culte de Dieu. A ce sujet, le Prophète a dit : “La première chose sur laquelle le serviteur de Dieu sera interrogé, c’est la prière. Si elle a été accomplie correctement et convenablement, toutes les autres oeuvres auront été correctes et convenables. Si, par contre, elle a été revêtue d’impuretés, toutes les autres oeuvres auront été défectueuses”. Elle a été la dernière recommandation que le Prophète a adressé aux croyants avant de quitter le monde présent pour rejoindre son Seigneur. Dans un dernier souffle, il clama à faible voix: “La prière ! la prière !” C’est dire que celui qui renonce à s’y conformer, c’est comme s’il avait perdu le bénéfice obtenu à la suite de la réalisation de toutes les prescriptions inhérentes à la religion. Dans le Coran, Dieu l’érige en noyau auquel Il rattache tantôt le dhikr, tantôt la zakât ou aumône légale, une autre fois la patience et les oeuvres pies.

“En vérité, la prière empêche de se livrer à la turpitude et de commettre des abominations. Et certes, la mémorisation de Dieu est très grande. Dieu sait ce que vous faites”. (Coran, 29/45)

“Prospérera celui qui se purifie, se rappelle le nom de son Seigneur et prie.” (Coran, 86/14-15)

“ En vérité, Je suis Dieu. Il n’y a pas de divinité, hormis Moi ! Accomplis la prière, pour te souvenir de Moi !” (Coran, 20/14)

“Accomplissez la prière et acquittez-vous de l’aumône !” (Coran, 2/110)

“Cherchez du secours dans la patience et la prière. La prière est, certes, une charge considérable pour les hommes, à l’exception des humbles.” (Coran, 2/45)

“Adresse ta prière à Dieu et sacrifie !” (Coran, 108/2)

“Dis:”Ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur des mondes. Il n’a pas d’associé. Il m’a été ordonné de le confesser et je suis le premier Musulman”. (Coran, 6/162-163)

“Heureux sont les croyants qui prient humblement... qui prient aux heures fixes ! Ce sont eux les héritiers du Paradis; ils y demeureront éternellement.” (Coran, 23/1,2,9 à 11)

Dans le dessein de prendre en grande considération la prière et d’en préserver son accomplissement, quelles que soient les conditions et les circonstances où l’on se trouve, Dieu ordonne :

“Accomplissez assidûment vos prières aux heures fixées ainsi que la prière médiane et levez-vous pieusement devant Dieu”.

“Si vous vous sentez en danger, priez en marchant ou sur vos montures. La sécurité retrouvée, souvenez-vous de Dieu selon ce qu’Il vous a enseigné et que vous ne connaissiez point.” (Coran, 2/238-239)

“Quand tu te trouves parmi eux (les combattants) et que tu diriges pour eux la prière, qu’une partie d’entre eux se tienne munie de leurs armes, à tes côtés. Après s’être prosternés, qu’ils se tiennent derrière vous et que vienne alors une autre partie, n’ayant pas encore prié, pour prier avec toi, vigilante et armée. Les mécréants voudraient bien que vous oublier vos armes et vos bagages pour pouvoir fondre massivement sur vous. Il n’y a pas d’inconvénient toutefois à ce que vous déposiez vos armes, si vous êtes incommodés par la pluie ou si vous êtes malades. Néanmoins soyez sur vos gardes tout en étant assurés que Dieu réserve aux mécréants un châtiment avilissant.” (Coran, 4/102)

“Ayant ainsi prié, pensez sans cesse à Dieu, que vous soyez debout, assis ou couchés. La tranquillité retrouvée, priez alors normalement, car la prière est pour le croyant une prescription à des moments déterminés.” (Coran, 4/102-103)

Dieu est sévère à l’égard de ceux qui dénient l’obligation de la prière ou, admettant son opportunité, en négligent néanmoins son accomplissement. Il menace même ceux qui ne s’y conforment pas.

“Ceux qui vinrent à leur suite renoncèrent à la prière pour suivre leurs passions: ils se trouveront en face de Ghayy (le feu de l’Enfer).” (Coran, 19/9)

“Malheur aux orants, insouciants de l’office, qui prient par ostentation et refusent obstinément le strict nécessaire !” (Coran, 107/ 4 à 7)

La prière relève de questions qui ont besoin d’une guidance particulière. Ce n’est pas sans raison qu’Abrahâm implora son Seigneur de sorte qu’il soit à même, lui et sa descendance, de s’acquitter de cette pratique cultuelle dans les meilleures conditions spirituelles.

“Fais que j’accomplisse la prière et qu’une partie de mes descendants l’accomplissent également ! Seigneur, agrée mon invocation !” (Coran, 19/40)

La prière est obligatoire pour tout(e) Musulman(e) sain(e) d’esprit et ayant atteint l’âge de la puberté. Ceci est confirmé par ce hadîth rapporté par Aïsha: “La prière ne s’impose pas à trois catégories de personnes: celui qui dort jusqu’au moment de son réveil; l’enfant tant qu’il n’a pas atteint sa puberté; le fou jusqu’à ce qu’il recouvre la raison”. Le nombre de prières légales dans la journée est de cinq. A un homme qui demanda au Prophète ce que Dieu ordonna d’accomplir en matière de prière, il répondit : “Cinq prières à moins que tu ne veuilles en faire d’autres volontairement”. En une autre occasion, le Prophète a dit: “Dieu a prescrit cinq prières à Ses serviteurs. Celui qui ne s’en acquitte pas, ne peut espérer bénéficier de la promesse de Dieu. Celui-ci peut le châtier s’Il le veut comme Il peut lui pardonner s’Il le veut”.

 

Les conditions de la prière

L’orant est soumis à des conditions préalables avant de s’acquitter de la prière. S’il abandonne l’une d’elles, son office s’annule. Nous avons déjà vu quelques unes d’entre elles lors de l’examen des questions précédentes. Passons-les de nouveau en revue en y apportant d’autres développements.
1. L’heure de la prière :
L’orant, pour que sa prière soit valide, doit prendre conscience de l’entrée en vigueur du moment de s’acquitter de son devoir. S’il n’en a pas la certitude, mais seulement un doute, sa prière n’en est pas moins agréée. Ainsi, il prend connaissance de l’heure de la prière soit en entendant l’appel du muezzin, soit qu’il se persuade que le temps est venu de l’accomplir.
2. La purification des souillures petites et majeures:
L’orant est amené, en cas de nécessité à se laver entièrement le corps, et à effectuer ses petites ablutions selon les règles prescrites. Cette condition est dictée aussi bien par le Coran, qui énonce le principe général, que par la Sunna qui précise la non validité de la prière dans un état d’impureté.
«Vous qui croyez, si vous vous mettez en devoir de prier, rincez-vous le visage, et les mains jusqu’au coude, passez-vous la main sur la tête et sur les pieds jusqu’aux chevilles. Si vous êtes en état d’impureté, alors purifiez-vous». (Coran, 5/6). De son côté, le Prophète a dit: “Dieu n’agrée pas la prière sans un état de pureté”.
3. La purification du corps, des vêtements et du sol:
a. La purification du corps: “Eloignez-vous de l’urine", a dit le Prophète. La plupart des châtiments de la tombe proviennent de cette impureté”. A un homme qui l’interrogeait sur cette question, l’Envoyé de Dieu précisa: “Lave ta partie intime et ensuite effectue tes petites ablutions”. A la femme qui avait ses menstrues, il lui ordonna: “Lave ton sang et acquitte-toi ensuite de ta prière”.
b. La purification des vêtements : Le Coran stipule dans le verset 4 de la sourate 74 : “Tes vêtements, purifie-le!” Interrogé, Umm Habîba a dit que le Prophète r accomplissait la prière avec le linge même qu’il portait au moment de ses relations intimes avec ses épouses, dans la mesure où aucune impureté ne les a pollués.
Le Prophète recommanda de vérifier les chaussures avant d’entrer dans la mosquée. Si quelqu’un y voit une souillure, qu’il la nettoie en frottant la chaussure contre le sol et se mette alors à prier.
Il s’ensuit que si l’orant pénètre dans l’enceinte d’une mosquée sans se rendre compte qu’il est atteint d’une impureté ou qu’il en a connaissance mais a oublié de la nettoyer, et se mette ensuite à prier: si au cours de son office, il s’en aperçoit, il doit supprimer la souillure et poursuive sa prière là où il l’a laissée; il n’est pas tenu de la reprendre du début.
c. La salubrité du sol: Il est impératif de prier dans un endroit débarrassé de toute impureté matérielle, sans quoi, la prière n’est pas valide. Est considéré comme ayant failli à son devoir celui qui passe outre à cette condition.
4. L’obligation de voiler les parties intimes (al-’awra):
«Ô Fils d’Adam, revêtez vos plus beaux habits (zînata-kum) en toute oraison». (Coran, 7/31). L’expression “zînatakum” fait allusion à la partie intime. Autrement dit, lorsque vous accomplissez votre prière, cachez-la aux regards. Salam Ibn al-Akwa’ interrogea le Prophète pour savoir s’il lui était possible de prier, vêtu de sa tunique. Il reçut cette réponse: “Oui, mais boutonne-la, ne serait qu’avec une épine”.
a. Les limites de la ‘awra de l’homme:
Cette ‘awra comprend la partie postérieure et la partie génitale. Quant aux cuisses, le nombril et les genoux, les opinions des théologiens divergent à leur sujet.
1. Ceux qui disent que ces parties n’entrent pas dans le contexte des parties intimes s’appuient, entre autres, sur ces hadîths: Anas rapporte que l’Envoyé de Dieu, lors de la journée de Khaybar, dévoila sa cape sur sa cuisse au point qu’il put voir nettement sa blancheur. De ce témoignage, Ibn Hazm en déduit que la cuisse découverte n’est pas une ‘awra. Si tel était le cas, le Prophète, pur et infaillible, détenteur du Message divin, n’aurait pas dévoilé cette partie du corps et n’aurait donc laissé ni Anas ni aucun autre la regarder.
Abû al-’Âliyya dit que ‘Abd Allâh Ibn aç-çâmit frappa sa cuisse et dit avoir interrogé Abû Dharr à ce sujet. En guise de réponse, ce dernier frappa sa cuisse et dit: “J’ai posé à l’Envoyé de Dieu la même question que tu me poses et, pour réponse, il frappa ma cuisse en ajoutant: “ Fais la prière en son temps...” Sur la base de ce récit, Ibn Hazm confirme que la cuisse ne relève pas de la ‘awra. Si tel était le cas, le Prophète ne l’aurait pas touchée de sa main.
2. Ceux qui déclarent que ces parties constituent une ‘awra se fondent sur ces deux hadîths. Le Prophète  passa devant Ma’mar et s’aperçut que ses cuisses étaient découvertes. il lui dit alors : “Ô Ma’mar ! couvre tes cuisses car elles s’incluent dans les parties intimes”. Jarhad a dit qu’il portait un manteau qui laissait apparaître sa cuisse. Le Prophète  passa devant lui et lui signifia de dissimuler ce membre en raison de son indécence.
A ce sujet, Bukhâri a dit que la chaîne de transmission du hadîth rapporté par Anas est plus juste. Quant à celui de Jarhad, il implique les précautions à prendre.
Il appartient au Musulman de choisir entre ces deux avis, bien qu’il soit plus convenable pour l’orant de couvrir, dans la mesure du possible, la partie contenue entre le nombril et le genou.
b. Les limites de la ‘awra de la femme:
La femme est tenue de couvrir entièrement son corps, exception faite de son visage et de ses mains. C’est ce que le Coran prescrit: «Dis aux croyantes... de ne pas faire montre de leurs atours sauf ce qui en émerge» (Coran, 24/31).

Aïsha confirma en citant cette parole du Prophète : “Dieu n’agrée la prière de la femme adulte que la tête couverte”.
Pour plus de compléments, Umm Salma a posé la question à l’Envoyé de Dieu pour savoir si la femme pouvait faire sa prière dans une tunique et la tête recouverte mais sans porter un manteau. La réponse a été affirmative seulement à cette condition: “Si la tunique est licite et couvre le dos de ses pieds”.
Il est à noter que le vêtement porté par la femme ne doit être ni étroit au point de mouler les formes de son corps, ni transparent si bien qu’il en laisse apparaître la couleur de la peau.
5. L’orientation vers la qibla:
Toutes ces conditions ayant été remplies, l’orant oriente sa face du côté de la qibla. Si, pour diverses raisons, il ne parvient absolument pas à s’orienter, il n’est pas blâmable de prier dans n’importe quelle direction car, selon Abû Hurayra, le Prophète a dit: “Il y a toujours une qibla entre l’Orient et l’Occident”. Si l’orientation vers la qibla est une obligation (farîda). Il existe néanmoins des dérogations.
* Il en est ainsi de celui qui, monté sur un cheval, accomplit des prières surérogatoires. En effet, le Prophète a été vu s’acquitter de son devoir dans la direction où sa monture se dirigeait. C’est à ce sujet que ce verset a été révélé:
«A Dieu l’Orient et l’Occident. De quelque côté que vous vous tourniez, là est la Face de Dieu. Dieu est Immense et Connaissant.» (Coran, 2/115)
Il est permis au malade et à la personne qui appréhende un danger de diriger sa face dans un sens autre que celui de la qibla, dans la mesure où ils n’ont pas la possibilité de s’astreindre à cette obligation. Le Coran stipule:
«Si vous vous sentez en danger, priez en marchant où sur vos montures» (Coran, 2/239), qu’ils soient orientés ou non du côté de la qibla, explique Ibn ‘Umar. De son côté, le Prophète a dit: “Lorsqu’il vous est ordonné quelque chose, apportez-y ce qui est dans vos possibilités”.

 

Le procédé de la prière

Avant de donner de plus amples développements en rapport avec les prescriptions (farâ’id s. farîda) et la tradition (Sunna), exposons ci-dessous les grandes lignes des actes à accomplir dans les prières. Signalons, tout d’abord, que chaque office se compose soit d’une rak‘a, de deux, de trois ou de quatre rak‘as. Chacune d’elles comprend une inclinaison (rukû‘) et deux prosternations (sujûd).
Abu Hurayra rapporte ce fait relatif à la pratique de la prière: Un homme entra à la Moquée et fit la prière. Puis se dirigea vers l’Envoyé de Dieu qu’il salua. Après lui avoir rendu son salut, il lui dit: “Retourne faire ta prière car en vérité tu ne l’a pas accomplie”. L’homme effectua trois fois la même prière sans résultat positif et finit par dire au Prophète : “Par Celui qui t’ a envoyé avec la Vérité, il n’y a pas meilleur que toi pour m’enseigner la manière de prier”. Ce fut alors que l’Envoyé de Dieu lui donna ces explications:
“Quant tu te lèves pour prier, commence par Allâhu Akbar, puis lis ce qui t’est aisé de réciter du Coran et ensuite incline-toi jusqu’à ce que tu te sentes apaisé dans cette position. Après, relève-toi jusqu’à ce que tu te tiennes droit et prosterne-toi jusqu’à ce que tu te sentes tout à fait serein dans ta prosternation. Redresse-toi et assieds-toi de sorte à éprouver la tranquillité. Prosterne-toi de nouveau dans les mêmes conditions. C’est ainsi que tu t’acquitteras de toutes tes prières”.
Reprenons ce hadîth et développons chacune de ses parties: Signalons au préalable que l’orant qui pénètre chaque fois dans une mosquée est tenu de s’acquitter de deux rak‘a avant même de s’asseoir.
1. La prière du çubh (le matin):
Au début de la prière du matin et de toutes les autres, l’orant lève ses mains à la hauteur des épaules ou légèrement plus haut et prononce le takbîratu-l-’ihrâm qui consiste à dire:
Allâhu Akbar (Dieu est le plus Grand):
* L’orant récitera, à haute voix pour l’homme et à voix basse pour la femme, la Fâtiha (l’Ouverture). Il n’est pas nécessaire de faire précéder cette lecture par l’énoncé de la basmala (Bismi Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîm). Aussitôt terminée, il dira: “Amîn”, qu’il prie seul ou derrière un imâm.
*Il fera suivre la Fâtiha d’une sourate de son choix, que l’orant récitera également à voix haute tandis que la femme le fera à voix basse. S’il connaît bien le Coran, il est recommandé de réciter celle d’entre les plus longues du mufaççal qui commencent à partir du chapitre intitulé “al-Hijar”.
*Dès qu’il en aura fini avec cette lecture, il dira: “Allâhu Akbar” et s’inclinera (rukû‘). A cet effet, il posera ses mains sur les genoux, se penchera sans voûter complètement le dos et fixera le sol. Au cours de cette phase, il pourra dire trois fois: çubhâna Allâh al- ‘azîm, wal hamdu li Llâh (Gloire à Dieu, le Très-Puissant et que Sa louange soit proclamée):
* Il se redressera ensuite et se tiendra immobile en disant: sami‘a Allâhu liman hamidah (Dieu entend celui qui Le loue) seulement s’il prie seul. Il fera suivre cette formule par cette autre : Rabba-nâ wa la-ka l-hamd (Notre Seigneur, à Toi est adressée la louange):
S’il prie en groupe, il ne prononcera pas la première formule. Il laissera l’imâm le faire. Il lui appartient alors de lui répondre par la seconde formule.
* Après la récitation de ces deux formules, sans s’asseoir, il se prosternera (sujûd). A cet effet, il placera ses deux mains, et non pas les bras, à hauteur des oreilles et posera le front et le nez contre le sol..
Pendant la prosternation, il pourra dire s’il le désire: “subhânaka Rabbî, zalam-tu nafsî, wa ‘amil-tu sû’an, faghfir lî khatâyâya” (Gloire à mon Seigneur, j’ai commis des iniquités à mes dépends. Pardonne-moi mes fautes.)
* Il se redressera en disant: “Allâhu Akbar” et s’assoira, les deux pieds en position horizontale et repliés sur les cuisses. Il posera ses deux mains sur ses genoux. Après quoi, il effectuera la seconde prosternation dans les mêmes conditions.
* La première rak‘a, étant achevée, il se lèvera complètement et se mettra debout en position verticale en disant encore “Allâhu Akbar”. Après cela, il entamera la rak‘â suivante de la même manière que la précédente, à cette différence qu’il prononcera, après la récitation de la Fâtiha et d’une sourate, le qunût dont voici la formule:
“Allâhumma, innâ nasta ‘înu-ka, wa nastaghfiru-ka, wa nu’minu bi-ka, wa natawakkalu ‘alay-ka, wa nakh-sha‘u la-ka, wa nakh-la‘u, wa natruku man yakfuru-ka. Allâhumùma, iyyâ-ka na‘budu, wa la-ka nuçallî, wa nasjudu, wa ilayka nas’â, wa nah-fidu, wa narjû rahmata-ka, wa nakhâfu ‘adhâba-ka al-jadda, inna ‘adhâba-ka bil kâfirîna mulhiqun”.
“Ô Seigneur, nous Te demandons Ton aide et Ton pardon. Nous croyons en Toi. Nous plaçons notre confiance absolue en Toi. Nous éprouvons à Ton égard une crainte pieuse. Nous nous écartons de tous ceux qui ne croient pas en Toi. Ô mon Dieu, c’est Toi que nous adorons. C’est pour Toi que nous prions et que nous nous prosternons. C’est vers Toi que nous oeuvrons et nous Te servons avec promptitude. Nous espérons Ta miséricorde et craignons Ton dur châtiment. Certes, Ton châtiment atteindra les mécréants”.
* Après la seconde prosternation de la deuxième rak‘a, il s’assoira comme il a été indiqué plus haut et récitera le “tashahhud”. A cette effet, il placera ses deux mains sur ses deux genoux. Il pointera son index droit, indiquant par là qu’il croit en un Dieu Unique. Voici la formule (A) :
“Les salutations à Dieu, les oeuvres salutaires pour Dieu, ainsi que les prières et toutes les bonnes qualités. Que le Salut soit sur toi, ô Prophète r, ainsi que la Miséricorde de Dieu et Ses bénédictions ! Que le salut soit sur nous et sur les vertueux serviteurs de Dieu ! Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu Unique et sans associé. Je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Envoyé”.
A : “At-Tahiyyâtu li Llâhi, az-zâkiyâtu li Llâhi, at-tayyibâtu aç-çalawâtu li Llâhi. As-Salâmu ‘alay-ka Ayyu-hâ an-Nabiyyu wa rahmatu Llâhi wa barâhatu-hu. As-salâmu ‘alay-ka wa ‘alâ ‘Ibâdi-Llâhi aç-çâlihpina. Ash-hadu An lâ ilâha illâ Llâhu wahda-hu, lâ sharî-ka la-hu. Wa Ash-hadu anna Muhammadan ‘Abdu-hu wa rasûlu-hu”.
A ce stade, l’orant achève sa prière par le salut. Cependant, s’il le veut, il peut ajouter d’autres formules à la suite de cette dernière. En voici quelques unes:
“Je témoigne que ce qu’a apporté Muhammad est la Vérité, que le Paradis est réel, que l’Enfer est vrai, que l’Heure est un Signe qui ne prête à aucun doute, que Dieu ressuscitera ceux qui sont dans les tombes. Ô mon Seigneur, répand Tes bénédictions sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, accorde miséricorde à Muhammad et à la famille de Muhammad de la même manière que Tu as répandu Tes grâces sur Abraham et sur la famille d’Abraham, que Tu leur as accordé miséricorde et que Tu les as bénis d’entre les créatures des univers ! A Toi la louange et la gloire !
“Ash-hadu anna alladhî jâ’a bihi Muhammad haqqun, wa anna al-Jannata haqqun, wa anna Annâra haqqun, wa anna as-sâ‘ata âyatun lâ rayba fî-hâ, wa anna Allâha yab‘athu man fîl qubûr. Allâhumma, çalli ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âlî Muhammadin, warham Muhammadan wa âla Muhammadin, wa bârik ‘alâ Muhammadin wa ‘alâ âli Muhammadin, kamâ çalayta wa rahimta wa bârakta ‘alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîma fîl ‘âlamîna. Inna-ka hamîdun, majîdun”.
“Seigneur, pardonne-nous les péchés que nous avons commis, ceux relatifs aux devoirs remis à plus tard, ceux que nous n’avons pas dévoilés, ceux que nous avons affichés publiquement ainsi que les fautes dont Tu as connaissance mieux que nous”.
“Seigneur, accorde-nous un bienfait en ce monde, un bienfait dans la vie dernière ! Préserve-nous du châtiment du Feu ! Je me réfugie auprès de Toi contre la séduction de la vie, l’esprit de révolte contre la mort, les tourments de la tombe et le châtiment de l’Enfer”.
“Allâhumma ghfir la-nâ mâ qaddam-nâ, wa mâ akhkhar-nâ, wa mâ asrarnâ, wa mâ a‘lannâ, wa mâ anta a‘lamu bihi minna.”
“Rabbanâ âtinâ fî d-dunyâ hasanatan, wa fî l-âkhirati hasanatan, wa qinâ ‘adhâba nnâri, wa a‘ûdhu bika min fitnati l-mahyâ wa l-mamâti, wa min fitnati l-qabri, wa min ‘adhâbî n-nâri.”
* Après cela, il prononcera le salut final “Que le salut soit sur vous” (as-salâmu ‘alaykum) : A cet effet, il regardera devant lui, puis il tournera la tête à droite, s’il prie seul. S’il s’acquitte de la prière en groupe, il exprimera le salut après l’imâm, une première fois en tournant la tête à droite et une seconde fois en la tournant vers l’orant placé à sa gauche.
Il est recommandé aussi bien pour la prière du matin que pour toutes celles de la journée de faire le dhikr qui consiste à dire trente fois chacune de ces formules, soit quatre vingt dix-neuf fois:
1. subhâba Llâh, 2. al-hamdu li-Llâh, 3. allahu akbar;
Ces trois formules se concluent par ce témoignage qui s’énonce qu’une seule fois: “Il n’y a pas d’autre divinité que Dieu l’Unique et sans associé. A Lui le Royaume, à Lui la louange. Il est Tout-Puissant.
Lâ ilâha illâ Llâh, wahdahu, lâ sharîka lahu. Lahu l-mulku, lahu l-hamdu wa huwa ‘alâ kulli shayïn qadîr.
Si l’orant le veut, il peut poursuivre le dhikr jusqu’au lever du soleil. Il est bien entendu que cette pratique n’a rien d’obligatoire.
2. La prière du dhuhr (milieu du jour) et du ‘açr (après-midi)
Ces deux prières comportent chacune quatre rak‘a. La lecture se fera du début jusqu’à la fin à voix basse. Au cours de chacune des deux premières rak‘a, l’orant récitera la Fâtiha et une autre sourate.
Il procédera de la même manière que pour la prière du matin. Après avoir terminé ces deux rak‘a, il s’assoira et dira la formule (A) du tashahhud.
Ensuite, il se lèvera et après le takbîr, il accomplira les deux dernières raka’ât mais cette fois-ci en récitant seulement la Fâtiha. Il accomplira alors l’inclinaison et la prosternation selon les indications ci-dessus.
A la fin, dans une position assise, il lira encore le tashahhud selon la formule (A) et ajoutera les autres s’il le désire. Ensuite, il prononcera le salut final.
Après la prière de midi, l’orant s’acquittera des prières surérogatoires. Elles se composent d’abord de deux rak‘a et se terminent par le salut final. Ensuite, de deux autres rak‘a et se conclut par le salut final. Comme pour la prière légale et selon le même procédé, il lira la Fâtiha et une sourate.

Il procèdera de la même manière avant la prière de l’après-midi.
3. La prière du maghrib (le soir):
Cette prière comprend trois rak‘a. Pendant les deux premières, l’orant récitera à haute voix la Fâtiha et une autre sourate. La femme fera sa lecture à voix moins haute.
Après le tashahhud, il se redressera et effectuera la troisième rak‘a en récitant à voix basse uniquement la Fâtiha. Les actes à accomplir sont identiques à ceux des prières précédentes.
Après la prière du soir, l’orant s’acquittera des prières surérogatoires comme il l’a fait pour les prières du milieu du jour et de l’après-midi. Dès lors que cette pratique est très recommandée entre le maghrib et le ‘ishâ, il est utile d’accomplir jusqu’à six rak‘a.
4. La prière du ‘ishâ (la nuit) :
Cette prière comprend quatre rak‘a. L’orant procède de la même manière que pour la prière du milieu du jour et de l’après-midi, avec cette différence que la récitation de la Fâtiha et d’une autre sourate se fera à voix haute comme pour la prière du soir. Là également, la femme récitera les sourates à voix moins haute.
Quant aux deux autres rak‘a, séparées des deux premières par le tashahhud, la lecture se fera à voix basse aussi bien pour l’homme que pour la femme.
La prière surérogatoire de la nuit comprend deux rak‘a, appelée ash-shaf‘, et une troisième nommée al-witr.
Pour les deux premières, il est recommandé de réciter outre la Fâtiha :
* Dans l’une, la sourate 87 : “Le Très-Haut” (Sabbîh Ismâ Rabbika al-a‘lâ),
* Dans l’autre, la sourate 109 intitulée “Les mécréants” (Qul : yâ ayyuhâ l-kâfirûna).
Pour la troisième, il est recommandé de réciter, outre la Fâtiha, les trois courtes et dernières sourates du Livre sacré:
* “La religion foncière” (al-Ikhlâç) : qul huwa Allâhu Ahad.
* “Le Point du jour” (al-Falaq) : Qul a‘ûdhu bi Rabbi l-falaqi
* “Les hommes” (an-Nâs): Qul a‘ûdhu bi Rabbi n-nâsi.
La meilleure des dévotions se pratique la nuit. C’est pourquoi, si l’orant n’est pas gagné par le sommeil, il est louable qu’il s’acquitte de plusieurs prières surérogatoires. Par contre, s’il venait à dormir et à se réveiller très tôt, il pourra à ce moment entreprendre les partiques surérogatoires avant la prière de l’aube, en n’oubliant pas que toute prière est détestable après celle du fajr.

 

Les prescriptions

Comme dans les chapitres précédents, il n’est pas question d’entrer dans les détails et de présenter dans tous leurs développements les opinions des quatre grandes écoles. Cela est du ressort des spécialistes ou des étudiants en droit musulman. Il s’agit essentiellement de mettre à la disposition du croyant l’essentiel afin qu’il puisse accomplir correctement et convenablement l’un des quatre piliers de l’Islam. Cela n’empêchera pas de lui enseigner les différents cas qui se posent, quand la question exposée le nécessite.
Notons en premier lieu que la prière se faisait à même le sol. C’est ce qui fit dire aux mâlikites qu’il est détestable de s’en acquitter autrement. Elle est permise, selon les hanbalites, si la terre est recouverte d’un volume de neige suffisant à stabiliser les membres du corps au moment de la position assise. Il en est de même sur l’herbe dans les mêmes conditions, sans quoi la prière n’est pas valable.
En général, il n’y a aucun inconvénient à prier sur un tapis à condition qu’il ne soit pas moelleux, car il convient, lors de la prosternation, que le front puisse sentir la fermeté du sol.
La prière répond à des prescriptions sur la base desquelles se construit sa réalité et sans lesquelles son accomplissement pêche par son imperfection et, partant, elle perd sa qualité normative et ne revêt plus sa dimension spirituelle. Passons donc en revue ses fondements et examinons leur signification.
1. L’intention (an-niyya):
* «Il ne leur fut ordonné que d’adorer Dieu, de Lui vouer un culte pur, en bons croyants originels, d’accomplir la prière, de s’acquitter de l’aumône légale, car telle est la religion de la droiture». (Coran, 98/5)

* La valeur des actes, a dit le Prophète, procède de l’intention. A chacun ce dont il a eu l’intention de faire. Ainsi, celui qui a émigré pour trouver Dieu et rencontrer Son Envoyé, c’est pour eux que son émigration a été effectivement faite. Par contre, celui qui a émigré pour acquérir quelque bien du monde immédiat ou pour épouser une femme, son émigra- tion ne revêt que le mérite de l’objet qu’il s’est proposé d’atteindre.
Ibn al-Qayyim explique que l’intention c’est à la fois le dessein et la détermination d’entreprendre un acte; elle ne se circonscrit pas à la seule prononciation verbale mais elle provient du cœur dont il est le siège. Au moment du takbîr; elle rapproche de Dieu.
Sans elle, la prière n’est pas acceptée. Tous les ‘ulama s’accordent sur son obligation afin de distinguer entre le culte lui-même et les coutumes.
L’orant désigne la prière de la journée à accomplir, à plus forte raison s’il s’agit de retards accumulés quant à son accomplissement aux moments voulus. A cet effet, non seulement il nomme la prière concernée mais aussi le jour correspondant.
Si l’intention n’intervient pas nécessairement dans le cas des prières prescrites lorsqu’elles s’effectuent aux heures fixées, elle s’impose, par contre, en ce qui concerne la précision des prières surérogatoires bien déterminées telle que celle relative à l’éclipse du soleil ou des funérailles.
L’intention est si importante que si l’orant l’omet et qu’il s’en souvienne pendant la prière, il est tenu de recomencer celle-ci depuis son début.
2. Le takbîr (Allâhu Akbar):
Le takbîr, appelé “Takbîratu l-ihrâm”, est impératif. A ce sujet, le Prophète  a dit: “La pureté est la clef de la prière; le non énoncé du tahrîm (Allâhu Akbar) la prohibe et le taslîm (le salut final) la rend licite”. En effet, selon ce que les anciens ont rapporté en témoins oculaires, le Prophète, lorsqu’il se levait pour s’acquitter de la prière, se tenait debout, levait les mains à hauteur des épaules et disait : Allâhu Akbar.
3. La position debout (al-qiyyâm) :

Le Coran, la Sunna et le consensus des théologiens font de cette position un devoir pour ceux qui ont la possibilité de l’adopter.
Le Coran spécifie : «soyez assidus à vos prières surtout à la prière médiane et levez-vous pieusement devant Dieu». (Coran, 2/238). Le Prophète  donna cette précision: “Accomplis ta prière debout mais si tu ne le peux pas, fais-la assis et si tu n’es pas en mesure de le faire, accomplis-la, allongé sur le côté”.
Cette indication s’applique à celui qui, physiquement, éprouve des difficultés à se redresser ou, qui étant en déplacement, les circonstances ne lui permettent pas d’agir autre- ment. Ceci a été confirmé par l’Envoyé de Dieu qui a dit, selon la version rapportée par Bukhârî, que si le serviteur de Dieu est malade ou en voyage, Dieu le récompense au même titre que celui qui s’acquitte normalement de son devoir.
Par contre, il est permis de faire la prière surérogatoire dans une position assise, même si l’orant est à même de se tenir debout. Il n’en reste pas moins que cette dernière attitude est mieux rétribuée que la première. A ce sujet, le Prophète a dit: “La récompense de celui qui prie assis est de moitié par rapport à celui qui prie debout”.
4. La lecture de l’Ouverture (al-Fâtiha):
Plusieurs hadîths font de la récitation de la Fâtiha une obligation à chaque rak‘a de toutes les prières légales ou surérogatoires. Aucune divergence n’oppose les théologiens à ce sujet. Citons, à cet effet, quelques paroles de l’Envoyé de Dieu r.
* Pas de prière sans la récitation de l’Ouverture du Livre
* Quiconque s’acquitte de la prière sans y lire la matrice du livre (al-Fâtiha), sa prière incomplète est nulle.
* Aucune récompense n’est attribuée à la prière accomplie sans la Fâtiha du Livre.
* Récite la matrice du Coran... et fais-le à chaque rak’a.
Quant à la Basmala (Bismi Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi), trois courants connus émettent des opinions différentes quant à son emplacement dans la Fâtiha:
a. La basmala est un verset qui s’inclut dans la Fâtiha : Il s’ensuit que sa récitation au début de la Fâtiha est un devoir aussi bien au moment de la lire à voix haute ou à voix basse. Na‘îm al-Mujammar a dit : “J’ai prié derrière Abû Hurayra qui a lu la Basmala et ensuite la matrice du Livre (Ummul Kitâb)”.
b. La basmala est un verset indépendant: Elle a été révélée en vue de séparer les sourates entre elles. Cependant, sa lecture est permise; elle est même recommandée sans qu’il soit nécessaire de l’énoncer à haute voix. Anas a dit: “J’ai prié derrière Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân. Ils ne récitaient pas la Basmala à haute voix”.
c. La basmala ne fait partie ni de la Fâtiha ni d’aucune autre sourate: Il en résulte que sa récitation est déconseillée lors des prières légales et non pas pendant les prières surérogatoires. Il ne semble pas que la position de ce courant soit solide. Ibn al-Qayyim concilie le premier et le second courant en déclarant que le Prophète lisait tantôt la Basmala à haute voix et tantôt à voix basse, bien qu’il la formulait le plus souvent d’une manière discrète.
5. L’inclaison (ar-rukû‘) et la prosternation (sujûd):
Il n’y a aucun doute au sujet de l’obligation de l’inclinaison et de la prosternation Toutes les opinions convergent dans le même sens, selon ce verset : «Ô vous qui croyez ! Inclinez-vous et prosternez-vous...» (Coran, 12/77)
Le rukû‘ consiste à s’incliner de manière que les mains atteignent les genoux. Quant au sujûd, il consiste à placer ses deux mains sur le sol et à poser son front et son nez également contre ce sol. Ibn ‘Abbâs a dit: “Lorsque l’adorateur se prosterne, sept de ses membres se prosternent avec lui: sa face, les deux paumes de sa main, ses deux genoux et ses deux pieds”.
Le Prophète a dit: “N’est pas récompensée la prière de celui qui ne courbe pas son épine dorsale en s’inclinant et en se prosternant”.
A un homme qu’il voyait prier sans courber son dos en s’inclinant et en se prosternant, l’Envoyé de Dieu lui a dit : “Tu n’as point prié. Si tu meurs, dans cette circonstance, tu ne meurs pas dans ton état de prime nature”.
6. L’acte de se redresser après la génuflexion et de se tenir droit (al-i‘tidâl qâ’man):
Bukhârî et Muslim mentionnent ce que Abû Humayd, dans son explication quant à la manière de s’acquitter de la prière, a dit: “Quand l’orant lève la tête, il doit se tenir droit de sorte que tous les os de son dos reviennent à leur position normale”.
Abû Hurayra rapporte ce dire du Prophète : “Dieu ne jette pas de regard sur l’homme qui ne redresse pas entièrement son épine dorsale entre son inclination et sa prosternation”.
Aïsha en apporte la confirmation en disant que “Quand le Prophète levait la tête après son inclination, il ne se prosternait pas avant qu’il ne se tienne debout en position verticale”.
7. La position assise (al-julûs):
C’est le moment de la récitation des salutations (at-tashahhud) avant le salut final. Le Prophète a dit: “Lorsque tu lèves la tête à la suite de la dernière prosternation et que tu t’assois le temps de formuler le tashahhud, c’est que ta prière est achevée”.
Au début, les croyants, avant que le tashahhud ne soit prescrit, disait: “Que le salut soit sur Dieu avant de l’être sur Ses serviteurs; que le salut soit sur Gabriel; que le salut soit sur Mïkâyîl”. Ensuite, le Prophète ordonna de ne plus dire: “Que le salut soit sur Dieu”, mais plutôt: “Les salutations à Dieu”.
Ceci indique bien que le tashahhud, qui n’était pas une obligation (fard), le devint par la suite. Il est à noter que sa formulation doit obligatoirement se faire en langue arabe.
8. Le salut final (as-salâm):
Le salut final est obligatoire conformément au dire et à l’acte de l’Envoyé de Dieu.. Selon le hadîth cité ci-dessus, le taslîm est l’acte qui rend licite la prière. ‘Âmir Ibn Sa’d a entendu son père dire: “J’ai vu le Prophète effectuer le salut final en tournant sa tête à droite et ensuite à gauche de manière à voir la blancheur de ses joues”.

Quant à Wâïl Ibn Hajr, en témoin oculaire, il donna cette précision: “J’ai prié en compagnie du Prophète . Il avait pour habitude de saluer à sa droite et de dire: “Que le salut soit sur vous, ainsi que la Miséricorde de Dieu et Ses bénédictions”. Ensuite à sa gauche et redire: “Que le salut soit sur vous, ainsi que la Miséricorde de Dieu et Ses bénédictions”.
As-salâmu ‘alay-kum wa rahmatu l-Llâhi wa barakâtu-hu
Ibn Qadâma a dit que les deux salutations, l’une après l’autre, s’inscrivent dans le domaine de la légalité (al-mashrû‘iyya) et non pas dans celui de l’acceptation de la prière (al-’îjâb), d’autant plus que Aïsha, parmi d’autres, a noté que le Prophète  prononçait aussi une seule fois le salut. Il s’ensuit que le salut final peut se faire en deux temps.
Le premier est une obligation (fard) et le second une recommandation (mustahab). Il n’en reste pas moins que tous les ‘ulama s’accordent pour déclarer que la prière avec un seul salut est admise.
Il va de soi que la sérénité la plus complète doit régner tout au long de l’accomplissement de la prière. Autrement dit, l’orant impose le calme et la stabilité à ses membres après chaque mouvement effectué et s’interdit la précipitation, sachant qu’il doit s’accorder un laps de temps afin de bien marquer la séparation entre chacune des phases à réaliser, à savoir entre le moment où il se redresse et celui où il s’abaisse, et davantage encore lors de l’inclination et la prosternation.
Pourtant, l’accélération raisonnable de la prière peut s’expliquer dans certaines circonstances. C’est ainsi que le Prophète a dit, selon Anas Ibn Mâlik: “J’aborde la prière avec le désir de la prolonger le plus longtemps possible. Cependant, quand j’entends un enfant pleurer, j’accélère la prière parce que je sais la souffrance endurée par la mère en entendant son enfant pleurer”.
Cependant, cette prière, en dépit de sa rapidité, répond à toutes les normes requises. C’est ce qu’a rapporté le même Mâlik: “Je n’ai jamais prié avec un imâm qui accomplit son office à la fois rapide et complète comme le Prophète : chaque fois qu’il entendait les pleurs d’un enfant, il accélérait la prière parce qu’il appréhendait les émotions de la mère”.

 

La tradition

 

La Sunna est l’ensemble des paroles et des actes de l’Envoyé de Dieu. Le Prophète a dit: “Priez comme vous me voyez prier”. Ainsi, la pratique de la prière se conforme à ce qui est appelé les sunnan. Il est recommandé à l’orant d’en préserver les usages afin d’obtenir la récompense qui correspond à chacun deux. S’en abstenir n’annule pas l’office et celui qui y renonce n’est point sanctionné. Toutefois, le fait de les abandonner est une attitude qui tombe sous le coup de la réprobation.
Nous avons donné quelques indications dans le chapitre réservé au procédé de la prière. Voici d’autres aspects énumérés dans leurs grandes lignes.
1. L’acte de lever les bras:
Il est recommandé (mustahabb) ou louable (mandûb), selon les cas, de lever les bras, dans une certaine manière ou d’une autre, dans quatre attitudes:
a. Au moment du takbîr (takbîratu l-ihrâm): On lève les bras lorsqu’on proclame Allâhu Akbar au commencement de la prière: les gens de science ne divergent pas à ce sujet du fait que le Prophète r levait les bras à l’ouverture de chaque office. Selon Ibn Hajr, cinquante compagnons de l’Envoyé de Dieu, dont les dix destinés sûrement au Paradis, confirmèrent cette recommadation, pourtant éloignés les uns des autres à travers le vaste territoire de l’Islam.
Plusieurs versions ont été avancées à propos de cette question. Toutefois, celle que choisit la majorité des théologiens consiste à lever les bras de sorte que les doigts arrivent au niveau du lobe des oreilles, que ce soit avant de dire “Allâhu Akbar” ou au même instant.
b. et c. Lors de l’inclination et au moment de se redresser : Des témoignages confirment que le Prophète r, lorsqu’il allait s’incliner, levait les bras et agissait de même en relevant la tête, tout en disant: “sami‘a Allâhu liman hamidah : Rabbâ-nâ wa laka l-hamd”. C’est le point de vue des hanbalites et des shâfi’ites.
Les hanafites et les mâlikites déclarent que le fait de lever les bras est une règle normative qui ne se présente seulement qu’à l’ouverture de la prière. A ce sujet, ils se référent aux propos d’Ibn Mas‘ûd qui affirma: “Le Prophète pria et leva ses bras mais ne recommença pas”. Autrement dit, il ne le fit qu’une seule fois.
Il a déclaré en une autre occasion, bien que la chaîne de transmission soit défectueuse : “J’ai prié avec Abû Bakr et ‘Umar; ils ne levaient leurs bras qu’au moment de l’ouverture de la prière”. Il en est de même de ce propos rapporté par Ibn ‘Umar: “Le Prophète levait les bras en ouvrant la prière et ne répétait plus ce geste”.
d. Au moment de se lever pour effectuer la troisième rak‘a: Une fois avoir accompli deux rak‘a, on s’assoit et on récite le tashahhud. Après cela, on se redresse pour entamer la troisième rak‘a. C’est à ce moment que le Prophète, disent des témoins de cette époque; levait les bras et proclamait “Allâhu Akbar”.
Cette Sunna se pratique aussi bien par les hommes que par les femmes. Ash-Shawkânî dit qu’il n’y a aucune différence à faire entre les deux sexes.
2. La pose de la main droite sur la gauche:
Contrairement à toutes les autres écoles, les Mâlikites trouvent louable de laisser les bras étendus le long du corps. Ils admettent la pose de la main droite sur la gauche uniquement pour les pières surérogatoires sans pour autant en voir une nécessité.
Pour les autres écoles, il est louable (mandûb) ou recommandé (mustahabb), selon le courant des uns et des autres, de placer la main droite sur la main gauche au moment de s’acquitter de la prière. Cela est confirmé par vingt hadîths rapportés par vingt huit personnes appartenant à la génération du Prophète r (çahâba) et à la génération suivante (tâbi‘in). Mâlik signala cette attitude dans son livre “al-Muwatta”.
La position des bras diffère selon les écoles, car aucun hadîth ne l’établit avec certitude. Ainsi, Si les hanafites et les hanbalites proposent de les placer au-dessus du nombril, les shâfi‘ites les envisagent au-dessus de la poitrine. Shâfi‘î ajoute: c’est en raison de la partie où le cœur se trouve. Hulbâ at-Tâyî dit avoir vu l’Envoyé de Dieu poser la droite sur la gauche au niveau de la séparation de la poitrine et du ventre.
Ceci est confirmé par Wâïl Ibn Hajr qui a dit : “J’ai prié en compagnie du Prophète et il a mis sa main droite sur sa main gauche à hauteur de sa poitrine”.
Ce dernier hadîth a été rapporté par Ibn Khazîna. Abû Dâwud et an-Nisâï l’ont signalé aussi mais dans une autre forme: Il mit son bras droit sur le dos de son bras gauche en la soutenant de la main, tout en plaçant celle-ci entre le coude et le poignet.
3. L’invocation avant la récitation de la Fâtiha:
Il est louable de réciter des invocations empruntées à l’Envoyé de Dieu. Celui-ci y recourait lorsqu’il débutait la prière après le takbîr et avant de lire la Fâtiha.
Les mâlikites désapprouvent l’invocation en ouvrant la prière. En ce qui les concerne, l’orant dit: “Allâhu Akbar” et récite immédiatement la Fâtiha. Mâlik a dit: “Le Prophète r, Abû Bakr et ‘Umar ouvraient la prière par la louange à Dieu, le Seigneur des univers”, autrement dit par la Fâtiha.
Les autres écoles, au contraire, inscrivent dans le chapitre de la Sunna les invocations après la formule “Allâhu Akbar” énoncée seulement à l’ouverture de la première rak‘a. Ci-joint trois d’entre d’elles, l’une courte et les deux autres plus longues.
a. Aïsha a dit que lorsque le Prophète r ouvrait la prière, il disait: “Gloire et pureté à Toi ô mon Dieu. La louange à Toi. Que Ton nom soit béni et exalté. Il n’y a de divinité que Toi.
Subhânaka Allâhumma wa bihamdika, wa tabâraka jadduka, wa lâ ilâha illâ anta.
b. Abû Hurayra rapporte que lorsque le Prophète r disait “Allâhu Akbar” à haute voix, il se taisait un moment avant d’entamer la lecture du Coran. Il l’interrogea sur la raison de ce silence. Il reçut alors cette réponse: “Je dis, dit-il:
“Ô mon Dieu ! éloigne de moi mes fautes comme tu as éloigné l’orient de l’occident; ô mon Dieu ! purifie-moi de mes fautes comme se purifie le linge blanc de la saleté; ô mon Dieu ! lave-moi de mes fautes avec de la neige, de l’eau et la grêle”.
Allâhumma, bâ‘id baynî wa bayna khatâyâya kamâ bâ‘ad-ta bayna l-mashriqi wal maghribi. Allâhumma naqqînî min khatâyâya kamâ yunaqqâ ath-thawbu l-abyadu mina d-danas. Allâhumma ghsil-nî min khatâyâyaya bi th-thalji wal mâ’i wal baradi”.
c. Selon ‘Alî, lorsque le Prophète r se levait pour accomplir sa prière, il disait “Allâhu Akbar” et ensuite faisait cette invocation:
“Je tourne ma face, en croyant originel, vers Celui qui a créé de rien les cieux et la terre: moi, je ne compte pas au nombre des associants (polythéistes). Ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu le Seigneur des univers qui n’a point d’associé. C’est de cela que j’ai reçu commandement. Je suis de ceux qui se soumettent. Ô mon Dieu! Tu es le Roi souverain; il n’y a pas de divinité en dehors de Toi. Tu es mon Seigneur et je suis ton serviteur. Je me suis porté tort à moi-même et je reconnais mes péchés; pardonne-moi tous mes péchés car il n’y a personne d’autre pour les pardonner. Guide-moi dans le sens de la meilleure morale car, en dehors de Toi, aucun ne peut me guider vers elle. Efface ce qui est mauvais en moi car Tu es le seul à l’effacer. Seigneur ! me voici devant Toi, invoquant Ton assistance sur assistance. Tout le bien est entre Tes mains. Le mal n’est pas de Toi. Je suis à Toi et c’est vers Toi que mon retour se fera. Que Dieu le Très-haut soit béni et exalté. Je Te demande pardon et je me repens à Toi”.
“Wajjah-tu waj-hi lilladhî fatara s-samawâti wal ardi, hanîfan, musliman, wa mâ anâ minal-mushrikîn. Inna çalâtî, wa nusukî wa mahyâya, wa mamâtî, li Llâhi Rabbîl ‘âlamîna, lâ sharîka la-hu, wa bi dhalika umir-tu, wa anâ minal muslimîna. Allâhumma an-tal Maliku, lâ ilâha illâ anta, anta Rabbî, wa anâ ‘abdu-ka. Zalamtu nafsî wa‘taraftu bi dhanbî, faghfir lî dhunûbî jamî‘an. Innâhu lâ yaghfiru dh-dhunûba illâ anta, wah dinî li ahsani l-akhlâq. Lâ yahdî li ahsanil akhlâqi illâ anta. Wasrif ‘annî sayyi.a-hâ. Lâ yasrifu ‘annî sayyi.a-hâ illâ anta. Labbayka wa sa‘day-ka, wal khayru kullu-hu fî yaday-ka, wa sh-sharru laysa la-ka, wa anâ bi-ka wa ilay-ka, tabârak-ta wa ta‘âlay-ta. Astaghfiru-ka wa atûbu ilayka”.
4. Implorer la protection (al-’isti‘âdha ; la prédication)
Il est louable, après l’invocation et avant la lecture, d’implorer la protection de Dieu contre Satan. Le Coran prescrit: «Quand tu veux psalmodier le Coran, demande à Dieu protection contre Satan le lapidé.» (Coran, 16/98). Selon Ibn al-Mundhur, le Prophète l’employait. Son énoncé est le suivant:

“A‘ûdhu bi l-Llâhi mina sh-shaytâni r-rajîm”
Pourtant, les mâlikites jugent détestable (makrûh) de prononcer aussi bien la basmala que la prédication avant la Fâtiha et la sourate qui la suit.
Ce n’est pas le cas des hanafites qui recommandent son énoncé à voix basse seulement à la première rak‘a. Il semble que ce serait la meilleure attitude si l’on croit Abû Hurayra qui a dit que lorsque le Prophète r se levait pour s’acquitter de la seconde rak‘a, il récitait directement la Fâtiha.
Pour leur part, les hanbalites et les shâfi’îtes y recourent au début de toutes les rak‘a avant la lecture du Coran, avec cette différence que les premiers préconisent d’en faire usage en silence alors que les seconds optent pour la voix haute quand il s’agit des prières où la récitation exige d’être entendue distinctement.
5. La formule “âmîn”:
Dire “âmîn”, à la fin de la lecture de la Fâtiha, s’impose aussi bien à l’imâm qu’à l’orant, qui se tient derrière lui, qu’il prie en groupe ou seul. Selon Abû Hurayra, “Lorsque le Prophète récitait “non pas celle des réprouvés, non plus que de ceux qui s’égarent”, il disait ensuite “âmîn” en se faisant entendre par le premier rang des orants et alors toute la mosquée, qui répétait “âmîn”, vibrait”.
La formule se prononce à voix basse selon les mâlikites et les hanafites. Il en est de même chez les shâfi’ites et les hanbalites mais seulement lorsque la prière se fait en silence; par contre, elle se fait à haute voix quand la prière s’effectue de la même manière.
Il est recommandé aux orants, priant en groupe, de ne pas devancer l’imâm mais d’attendre qu’il dise “âmîn” pour reprendre eux-mêmes la formule.
A ce sujet, d’après Abû Hurayra, le Prophète a dit: “Lorsque l’imâm clôt la Fâtiha et dit “âmîn”: celui qui fait correspondre son âmîn avec le sien, qui est aussi celui des anges, il lui sera pardonné ses fautes antérieures”.
6. La lecture derrière l’imâm:
En principe, la prière n’est valable qu’avec la récitation de la Fâtiha à chacune des rak‘a. Cependant, cette obligation n’a plus sa raison d’être si l’orant prie derrière un imâm: il lui appartient seulement, lors des prières faites à haute voix, d’écouter attentivement la récitation de l’imâm, conformément à l’énoncé de ce verset:

«Quand le Coran est psalmodié, écoute-le bien, entends-le pour toi-même, dans l’espoir d’obtenir miséricorde». (Coran, 7/204). De son côté, le Prophète a dit: «Lorsque l’imâm dit “Allâhu Akbar”, dites aussi “Allâhu Akbar” et lorsqu’il commence la récitation, écoutez-le bien».
Cependant, lorsque la prière se fait en silence, la lecture s’impose à l’orant. Il est également de son devoir d’entreprendre la récitation pour lui-même, lors de la prière à haute voix, si, de l’emplacement où il se trouve, il ne parvient pas à entendre la lecture de l’imâm.
7. L’invocation entre deux prosternations:
Il a été dit que la rak‘a comporte une inclination et deux prosternations. Entre ces deux dernières, il est recommandé de faire une invocation en suivant cet exemple de l’Envoyé de Dieu qui, selon Ibn ‘Abbâs, disait: “Ô mon Dieu ! pardonne-moi, fais-moi miséricorde, conserve-moi en bonne santé, guide-moi dans le droit chemin et accorde-moi les moyens de subsistance”.
“Allâhumma ghfir-lî, war-hamnî, wa ‘âfinî, wah-dinî, war-zuqnî”
Il est à noter que chez les hanifites, aucune invocation ne se fait à cet instant ni à aucun autre moment. Les mâlikites, de leur côté, préconisent cette dernière invocation sans pour autant l’inscrire dans le chapitre des actes louables. Les shâfi‘ites et les hanbalites la légalisent. Les seconds en font même un devoir.
8. La pause (jalsatu l-istirâha):
Jalsatu l-istirâha est le très court répit que l’orant s’accorde, dans une position assise, à la fin de chaque seconde prosternation de chaque rak‘a avant de se redresser pour entamer la rak‘a suivante.

Les théologiens ne s’accordent pas à ce sujet en raison de la divergence des hadîths concernant cette pause. Chez les shâfi‘ites, elle s’inscrit dans le contexte de la Sunna mais la plupart des fuqaha ne l’admettent pas.
9. Les salutations finales (at-tashahhud):
Dans la partie intitulée “Procédé de la prière”, il a été fait mention du tashahhud avant le salut final. Il a été donné quelques invocations à faire. Nous allons en donner une autre, tout en exposant le point de vue des écoles juridiques à ce sujet.
Selon Abû Hurayra, le Prophète a dit: “Celui d’entre vous qui termine les salutations finales, qu’il demande asile auprès de Dieu en ces termes : Ô mon Dieu ! je demande Ta protection contre le châtiment de l’Enfer, le châtiment de la tombe, les tentations de la vie, la rébellion contre la mort et le mal qui provient des incitations perfides de l’Antéchrist”.
“ Allâhumma, Innî a‘üdhu bika min ‘adhâbi n-nâri, wa min ‘adhâbi l-qabri, wa min fitnatil mahyâ wal mamâti; wa min fitnati sharri al-masîhi ad-dajjâl”.
Les hanafites prohibent les invocations personnelles qui s’identifient au langage du commun des mortels tels que: “Ô Mon Dieu ! accorde-moi telle et telle chose”, ou encore: “Ô mon Dieu ! fais que j’épouse telle femme”, etc..
Les autres écoles, par contre, permettent ce genre d’invocation, en se basant, à cet effet, sur ce qu’ont rapporté, entre autres, Ibn Mas‘ûd et Abû Hurayra. Le premier a dit: “Après, que l’orant choisisse ce qu’il lui plaît des affaires le concernant”.
Remarque : L’orant évite de prier sur les lieux de passage des gens. La plupart des ‘ulama disent que, si en dépit de ses précautions, une personne venait à y passer, il lui est permis de la repousser en lui faisant un léger signe de la main ou en élevant le ton de sa récitation du Coran, mais non pas les deux à la fois.
Si, par inadvertance ou délibérément, une personne passe devant l’orant sans que celui-ci ne parvienne à la repousser, sa prière demeure valable. Celle-ci perd néanmoins de sa valeur s’il néglige de l’écarter selon les conventions signalées ci-dessus. Le Prophète a dit: “Le passant n’annule en rien la prière mais que l’orant fasse le nécessaire pour le repousser”.

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